Haïti ...




Existe-t-il encore quelque part sur cette terre

Qu’a tant meurtri ce séisme monumental

Une trace de vie qui dans le noir espère

Qu’on viendra la sortir de cet enfer

Mais chaque jour qui passe efface cet espoir

Et peu à peu l’horreur cède lentement la place

À une marée de larmes qu’emporte sans le savoir

La mer toute proche ; elle aussi est lasse

Pour tous les survivants, voici venu le temps

Si atroce des bilans et celui de maudire

Toutes les brisures causées par ce tremblement

Pour en faire le deuil et puis tout reconstruire

Après cette colère effroyable de la terre

Peut-être pourrait-on se poser des questions

Afin que la misère n’attire plus la misère

Et qu’à l’avenir on trouve des solutions

Y aurait-il eu vraiment cet élan solidaire

Si nous n’avions rien vu sur nos télévisions ?

Car aujourd'hui encore aux quatre coins de la terre

D’autres désastres aussi noirs ne frappent pas l’opinion

Si en Haïti n’étaient pas présentes

Des œuvres humanitaires pour panser les blessures

De quels conflits bien obscurs ou de guerres oubliées

Aurait-on entendu le murmure

L’argent qui est promis ou bien déjà versé

Aidera-t-il vraiment ceux qui en ont besoin

Ne servira-t-il pas dans des projets forcés

Sans écouter l’avis de ceux qui ont le plus besoin ?

Le temps s'écoule depuis l’énormité

Dont l’actualité détourne nos regards

Mais d’autres événements avec cette même cruauté

Tuent sans discernement et méritent aussi nos égards...

Et puis, n'oublions pas les enfants de ce pays, enfants d'Haïti

Enfants aux regards touchants, enfants si innocents

Leurs âmes, subitement s'envolant

Des cris de détresse, des cris de tristesse

Petits princes ou princesses, vous étiez des enfants

Combattants inégaux pour un combat fatal

Une fin brutale, une fin qui fait mal

Haïti aurait voulu vous offrir un bel avenir

Il reste en souvenir vos prénoms, vos sourires

Chaque jour ne sera plus comme avant

En ce paradis, vous vous êtes endormis

Petits anges vous êtes partis, nous laissant là, meurtris

Les larmes ont remplacé vos sourires...

Faites-lui faire le tour de la terre si vous appréciez ce poème.



©Dédé Francis 2010
 
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