Barbara ...

Un soir à l’Olympia de Paris
Madame, vous nous avez éblouis
Vêtue de satin noir, brodé d’organdi
Assis au premier rang, nous avons essuyé
Une larme, dans les premiers jours d’un bel été
Du matin au soir jamais désespérée, éclairée
Par les projecteurs osés mais très bien dissimulés
Votre programme couché sur du papier glacé
Relatant par endroits des moments de votre destinée
Vous souriez presque aveuglément, illuminant le monde
Votre voix ne passant pas assez souvent sur les ondes

Les vieux démons de votre vie ont disparu
Quand les gens du métier vous ont enfin reconnue
Vous portez, chère Dame, un très joli prénom
Mêlant délicatesse, talent, amour et passion
Pour devenir une des plus grandes voix de la chanson
Comme la mer inonde parfois les lagunes d’étain
Vous chantez dans les cabarets du quartier latin
Vous écrivez des phrases dans un Paris feutré
Cigarette allumée tout près de Saint Germain des Prés

Dans les méandres de la vie vous battez la cadence
Aux charmes des ressemblances dans vos notes en silence
Quand les rideaux se ferment en balayant les ombres
Vos paroles se fixent à tout jamais dans nos songes
Quand nous avons un peu de désarroi et de peine
Nous survolons vos chansons, mais surtout Göttinguen

Nos plus belles chansons d’amour c’est déjà vous
Vous resterez dans nos cœurs « la Proue de l’écluse »
Femme énergique et stylée vous aviez tout d’une muse
Vous avez su tisser votre univers autour de jolis vers
Avec votre belle voix, nous nous sommes laissé faire
Vous avez sublimement écrit ; vous la dame en noir
Nous n’oublierons jamais « l’aigle noir. »
 

© Auteur Celan : le 18.03.2005