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La belle et la bête ...
L’île de Batz était désolée
La mer d’Iroise était démontée
Les goélands jouaient au cerf -volant
Les mouettes criaient toutes en même temps
L’immensité était mouvante, parfois rugissante
Phare allumé, marée montante parfois hurlante
Lui, avec ses pectoraux luisants et le menton carré
Elle, en jean moulant, pull très serré, coiffure dégradée
Savouraient avec subtilité le dernier jour de l’été
Sollicitant l’aventure, sans doute par intuition
Tout au bout du ponton avec une certaine discrétion
Lui, travailleur de saison, toujours sans horizon
Elle, romantique, dans sa maison à l’Isle-Adam
Adepte de l’équitation, elle adorait sa jument
Pour elle, il aurait arraché un morceau d’univers
Sa grâce décorait son front et ses discours diserts
Lui avait l’aspect d’un gladiateur à la folie humaine
Par contre très sérieux, avec une âme très sereine
Il avait ce rayon de zéphyr dans les yeux : elle aimait
Sa bouche aimable avec son accent ,elle adorait, c’était parfait
Elle était riche, osée, avec du talent, elle voyait tout venir
Lui, écoutait le silence des ondes qui aurait pu surgir
En implorant les dieux d’Égypte, de Crête et de l’Olympe
Pour la rendre Déesse aux paroles saisissantes dans le chaos
De leurs amours immortels, en plein Paris, pont Mirabeau.
© Auteur Celan : le 07.03.2005
                             
                             
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