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Bran le black ...
Un très grand cœur, très souriant, il
était avec moi en sixième.
Dans les années 1952
Bran le black, avec une jambe atrophiée, m’avait choisi comme copain,
sans aucun doute, pour partager les mêmes idées
sur le monde, où à peu près
Faire un petit concours sur les sciences naturelles.
Je pense aussi dû à ma corpulence, qui dans certains conflits aiderait
à le protéger de certains dangers.
Il était dispensé d’éducation physique, et souvent la risée d’une bande
de garçons costauds qui avaient tout dans les bras, pas grand chose dans
la tête.
A la récréation, je voyais sa large poitrine soupirer et battre.
Il espérait que le genre humain deviendrait plus cool avec les gens de
couleur.
Le seul black sur 500 élèves de la sixième en terminale.
Dur dur comme dirait Jordy
Parfois deux grosses larmes coulaient sur ses joues luisantes
après des insultes qui pleuvaient comme des flèches.
Il me parlait de Bobo Dioulasso à cette époque en Haute Volta.
Il me racontait son grave accident, ses mois d’hôpital en France.
Il était en admiration, particulièrement sur une phrase courte
Que j’avais écrite un matin sur une feuille de brouillon :
« les nuages sont des éponges qui de temps à autre libèrent les larmes
de la terre »
Tous les jeudis, pendant la promenade, il aimait regarder le vol des
oies sauvages
repartir en Afrique précédées des hirondelles.
Il faisait la différence entre un corbeau et une corneille,
c’était un peu mon prof de sciences naturelles, dans
la spécialité « volatiles »
Et moi son conseiller en rédaction, avec une passion,
la plus noble
conquête de l’homme ; le cheval.
Je lui apprenais un peu d’histoire sur les premiers chevaux, des
Préwalskii, puis les Aurochs,
Genre de bisons avec un look très british 1,20 mètre au garrot
et pesant
entre 350et 500 Kilogrammes.
Des fois la vie du Haras du Pin en
Normandie et pour finir le Cadre noir de Saumur.
Lui, revenait tout le temps sur sa passion avec le grand duc, la chouette
chevêche, et son oiseau préféré l’effraie qui dort dans le creux des
grands arbres,
et parfois de cet oiseau peu connu le paruline à
capuchon,
ressemblant un peu au pinson jaune aux ailes gris vert.
Puis aux martinets à col blanc, pour finir par le pluvier fauve un genre
de petite bécasse.
J’ai rencontré « Bran » il y a dix ans sur un boulevard parisien
et je
garde en mémoire sa phrase :
" tu sais mon vieux camarade de classe,
la couleur de ma peau est une
inséparable compagne,
qui m’éloigne parfois du monde et crée une
indifférence souvent insupportable
à cause de l’étroitesse du regard des
autres,...
je sais me dit-il chacun porte
sa croix"
© Auteur Celan : le 02.10.2005
                             
                             
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