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La Closerie des lilas ...
Assis tranquillement à la terrasse de la
Closerie des Lilas, boulevard Montparnasse à Paris.
Frank, un jeune homme blond, élégant, sérieux, déjà littéraire lisait «
Le rouge et le noir »
de Stendhal pour la deuxième fois.
Grande et brune Amara arrivait doucement.
Vêtue d’un manteau blanc, splendide martingale démesurée, foulard noir,
béret rouge, chaussures vernies noires, elle était dans les tons.
En regardant la fameuse plaque vissée sur le comptoir où une pointure de
la littérature
Avait laissé sa signature : Monsieur Ernest Hemingway…
Après s’être présentée délicatement, Amara posait cette question :
- « s’il vous plaît Monsieur, derrière vous, est-ce un tableau d’Utrillo
? »
La réponse ne se fit pas attendre
- « Oui Mademoiselle c’est la Butte Montmartre sous la neige par Maurice
Utrillo »
- Grâce à cette question posée avec ou sans intention,
mais surtout avec intuition, la vie les avait doucement rapprochés.
Le rendez-vous du lendemain était déjà programmé,
malgré les nombreuses
préoccupations de celle-ci.
A dix-sept heures, Frank les yeux pétillants toujours fair-play, souvent
à l’heure,
avait changé d’auteur, Victor Hugo peut-être ?
Dans des couleurs exquises, de somptueuses nuances,
comme seules les
roses savent en porter
La jeune femme arrivait avec un léger retard.
Elle sentait le miellat sucré des érables, parfois l’odeur de la fleur
de tilleul.
On devinait en elle, son ardeur, sa sensibilité, son côté ingénieux et
subtil.
Elle avait su reléguer les ombres qui risquaient de leur nuire, au point
de les détruire.
Frank lisait « Océano nox »; elle, chassait avec force ses sacrés
paradoxes.
Libérale et délicieuse elle respirait le bonheur à la terrasse d’une
prestigieuse brasserie où la plaque gravée dans un cuivre scintillant
ne cessait d’être astiquée par les manches des clients.
Dans les années 1920, au comptoir de la Closerie des lilas où une
pointure de la littérature Ernest Hemingway écrivait : « Une partie du
soleil se lève aussi. »
En disant Paris est une fête.
© Auteur Celan : le 04.02.2005
                             
                             
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