Emma à Paris ...

Je m'étais permis de lui dire vous êtes la douceur même, une beauté séduisante
Avec la sensibilité d’une artiste et la force de vos certitudes
Jamais désabusée, vous traversez ce monde agité
La vague de mon amour plane au dessus de vous

J’attends la fin de votre sommeil
Dans le hall de l’hôtel, je lis déjà les journaux
Je rejoins notre chambre, la « 222 »
Celle des amoureux, ici votre jeunesse est cachée
Mais surtout sacrée, ma joie berce votre désir de vivre

Derrière une mèche en éventail, vous ouvrez un œil avec subtilité.
Votre premier mot offre la première et douce réplique
Puis arrive le petit déjeuner, avec une musique de fond
Des phrases courtes sans hasard, notre suite juxtapose
Celle d’un très grand acteur, qui a fait rêver le monde

Il paraît que vous voulez le rencontrer
Ce soir à la table numéro sept, votre vœu sera exaucé
Nous descendrons à pied les Champs-Élysées, pour arriver au Louvres
Mais cette année c’est la visite du grand palais qui vous plaît et ensuite
Un film « Et si c’était vrai » au Georges V cinéma ouvert toute l’année

Les lumières scintillent et en même temps décorent vos yeux magnifiques
Et puis la fraîcheur commence à tomber, vous venez de me dire
L’amour est un art comme la musique, j’adore cette image
Car pour moi le moindre détail offre une qualité de vie.
Je vous offre celle-ci « les amants ne valent que par les souvenirs qu’ils laissent »

Un restaurant nous tend les bras, moi l’exilé farouche au front pensif
Je ne vous quitte pas des yeux, je vous écoute,
je vous choisis une table derrière une vitre décorée de sapins de Noël
Sur la table un bouquet de roses rouges décoré de houx
Le décor intérieur est sobre mais élégant, l’extérieur lumineux et parfois clignotant,
Ces décors multiples sont suspendus à des fils d’argent.

Une fois installés nous écoutons les valses de Vienne « vous aimez ...ce n’est pas ringard, »
Je vous regarde dans cette lumière tamisée .
J’adore voir vos yeux respirer le bonheur, vous oubliez l’Afrique,
avec son inconfort malgré son milieu magique.

Les fleurs de l’amour vous vont à ravir.
La douce nuit nous offrira ses voiles, mes baisers du soir résonneront dans la nuit étoilée
Vos yeux même à minuit ne seront pas fermés, vos prunelles ont aussi leur couchant
Emma ma douce je vous admire, tout en vous regardant dormir

Ce lieu est un souvenir de notre première rencontre ,une suite au cinquième sur la
Plus belle avenue du monde cela ne s’oublie pas, et pourtant il y a déjà un certain temps.
Je vous propose maintenant une petite suggestion « notre vie c’est comme un voyage
Où les gares nous offriraient un cœur avec de beaux pistils, qui donneraient à chaque descente l’odeur d’un sentier avec aucune fleur fanée , bien au contraire elles mettraient de la chaleur en plein cœur de l’hiver ».

Emma, vous qui arrivez d’Afrique où la vie s’affiche haute et en couleurs, vous avez réussi à bousculer mes traditions avec vos éclats de rire et votre bonne humeur.
Puis-je enfin vous remercier de votre étonnant côté à vivre ; qui pendant vingt ans m’a
Donné le plaisir de vous gâter et vous de me combler avec votre délicatesse.
 

© Auteur Celan : le 18.12.2005