Des flammes de douleur ...

Avec cette main fatiguée
Qui toute la vie a travaillé
Soudainement plongé
Dans une profonde fragilité
Parfois me voilà perdu.

Deux doigts ne répondent plus
Dans cette petite vague de folie
Qui vient de traverser ma vie
Deux doigts se sont figés
Ils osent à peine me l’avouer

C’est difficile pour eux
Comme si c’était honteux
Il me vient des mots insensés
Comment oublier leur ténacité
A vouloir de nouveau exister
Et surtout à ne pas à être oublié

Cette souffrance est latente
Je pardonne leur absence
Puisque la vie l’a voulu ainsi
Eux n’y peuvent rien
Ce n’est qu’un tout petit rien

C’est sans doute un malentendu
Qui s’acharne et me ronge
Jusqu’au plus profond de mes songes

Il me reste quelques doigts
Qui peuvent écrire des phrases
De la prose sans être morose
Des rimes et toujours des rimes
Cherchant à conjurer le sort
De mon étrange abîme
Je continue à lire Rimbaud
Et surtout Victor Hugo.


© Auteur Celan : le 28.01.2007