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Une petite histoire véridique...
Quand j’avais entre 14 ans et 17 ans, je
donnais un coup de main à un mécanicien.
Voilà la petite histoire......
Nous étions en 1954, dans mon village, il y avait un monsieur très riche
qui possédait un château sur les bords de l’Yonne devenu maintenant une
maison de retraite.
Ce monsieur habitait là tout l’été, sa voiture vraiment très belle avait
besoin d’entretien, mais aucun garage du coin ne pouvait lui faire.
Cet homme avait donc passé une annonce sur la gazette locale : « cherche
mécanicien sachant entretenir une Hispano Suisa, pas sérieux s’abstenir
»
Un certain "Jacques" travaillant comme mécanicien dans un très grand
garage Peugeot, situé dans une belle ville de l’Yonne, avait répondu à
l’annonce,
en précisant qu'il était disponible tous les samedis, les deux hommes se
mirent d'accord et quelques jours plus tard Jacques put commencer,
après avoir acheté le livret d’entretien de cette Hispano Suisa.
Ce monsieur était ravi de pouvoir faire entretenir cette magnifique
voiture à domicile, car dans son château il y avait une grande
dépendance qui faisait office de garage.
Il avait même fait poser une petite pompe à essence avec une cuve de 500
litres, il faut dire qu'une Hispano Suisa consommait plus qu’une 4 CV.
Habitant à quelques centaines de mètres, de ce château, j'allais souvent
voir travailler ce mécano.
Devenu mon ami, il m’invitait le samedi de temps à autres à faire
l’arpette,
en accord avec le propriétaire ; il avait besoin de quelqu'un pour lui
passer les clefs, le moteur était très long, les ailes très amples
freinaient le côté accessible pour les travaux,
le contraire de nos jours sur nos voitures modernes, quoique pas
toujours sur certaines marques.
La première des choses à faire c’était de déposer sur les ailes, des
housses de protection, des housses très spécifiques aimantées , les
ajuster proprement sur ces ailes aux longs profilés,
pour ne pas laisser de traces, voir d’empreintes digitales, ensuite on
devait ouvrir la caisse à outils, déposer sur un linge blanc les clefs
dans un ordre croissant, chaque clef devait être très propre, un chiffon
était de rigueur, un vrai travail de chirurgien, par contre le temps
passé n’avait aucune importance, nous pouvions rester deux heures comme
une journée, tout dépendait des travaux.
Le prix des heures de travail de mon camarade était toujours
satisfaisants pour le patron de la voiture , moi je touchais un bon
pourboire pour l’époque, ce qui me valait un peu de bonheur, vu que mes
parents ne m’offraient jamais d’argent de poche,
il faut dire que ce n’était pas courant dans ces années d’après guerre,
même si certains en avait quand même.
J’ai ainsi découvert la bonne mécanique, et le fonctionnement d'un gros
moteur.
Après deux années passées, presque chaque samedi, auprès de lui, à jouer
l’arpette dans ce cadre idyllique, un moteur n’avait plus beaucoup de
secret pour moi.
A cette époque, il y avait un grand respect du matériel, en plus la
beauté de cette élégante voiture, est restée dans ma mémoire.
Le côté hyper organisé de mon ami d’enfance avec une grande conscience
professionnelle très répandue à cette époque, m'avait appris et donné la
passion et l'envie d'entretenir mes voitures.
Mon camarade Jacques est décédé un an après mon père, quand je vais au
cimetière, je n’oublie jamais de m’arrêter sur sa tombe et même arroser
le peu de fleurs déposées
par les enfants d’une de ses voisines encore vivants à ce jour.
Voici la voiture en haut de ma petite histoire, enfin la même, je peux dire cela !
© Auteur Celan
                             
                             
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