Les Marmottes ...

Dans les sentiers lumineux perchés dans les cimes enneigées
Vous fréquentez les Pyrénées et les Alpes sacrées
Par groupes de quatre vous vous réveillez en avril
Pendant que le genre humain ne se découvre pas d’un fil
Vos corps s’inclinent imperceptiblement dans les rayons lumineux
Vêtues de votre tenue d’apparat aux plastrons majestueux
Vous dévisagez les eaux qui ont envahi vos terriers en début de saison
Tout cela pour une retenue de barrage appelé « grand-maisons »
En voyant la scène, un de vos amis en a perdu la tête
Collier roux, plumage lisse et brun, le fameux gypaète
Qui fait un signe à l’hermine au manteau blanc l’hiver, fauve l’été
Elle qui écoute vos concerts aux pieds des mélèzes avec assiduité.
Lorsque l’on vous découvre éblouissantes, détendues et relaxées
Dressées sur vos deux pattes arrières pour lutter contre l’adversité
Regardant nos yeux, bajoues gonflées, c’est à peine si vous souriez
Ha !!! oui… vous n’aimez guère être dérangées.
Vous êtes amies des edelweiss qui reflètent leur velours de pureté
Accoudés aux sentiers, protégés par les mousses accrochées aux rochers
Depuis des siècles, vous regardez le spectacle des bouquetins
Marcher en dansant tel un équilibriste, tout au bord des ravins
Dressant l’échine le cœur palpitant pour se lancer en avant
En se fracassant le crâne pour devenir le meilleur conquérant
Tout ça pour séduire votre belle, haletante, somptueusement vêtue
Amoureusement éperdue, arrivant des Aiguilles des Drues
Regardant au zénith le bleu évanescent où scintillent dans le ciel
Les premières étoiles inaccessibles sauf au bonheur éternel


© Auteur Celan : le 15.03.2005