De Mars à Novembre ...

Hier sur un barbelé, du haras d’à côté, une poignée de crins
Solidement attachés paraissaient en liberté
A la frontière du flou et du songe.
Pour les oiseaux c’est une aubaine,
Transporter avec dextérité trois crins, un peu d’argile et un peu de mousse,
Ces derniers construisent leurs nids
Le rêve d’un jour qui dure toute leur vie.
Les chevaux ne sont pas loin, ils écoutent les voix, reconnaissant le langage des hommes.
Parfois des cavalières et des cavaliers discutent avec des accents de révolte ou de tendresse
Souvent dans une infinie douceur, puis le ton baisse encore pour mieux déchiffrer le silence.
Les sillons de l’automne arrivent sur le cadran de la vie ponctuant de midi à minuit tous leurs
Instants de bonheur.
Ciseler et polir une image poétique, n’est pas toujours chose aisée,
Dans un univers ou presque tout zigzague,
Le vent chevauche le visage des dernières roses,
Avec des mains d’adieu qui épongent la sève.
Si le poème naît souvent d’un esprit torturé jusqu’aux transes,
Il sait s’envoler nonchalant glissant au fil d’un pas de danse. 


© Auteur Celan : le 10.09.2011