Catherine et Florent dans le midi ...

Il m’avait dit : « il y a un passage secret, entre leurs deux maisons ».
Alors le soir, c’était facile pour nos deux amoureux de vivre de véritables émotions en cachette de leurs parents.

Elle c’était Catherine, lui c’était Florent .
Florent avait fait de longues études à la fac, parfois on se demandait comment il avait fourré tout ceci dans sa cervelle, un véritable puits de culture.
Cela devait être un peu en désordre.

Catherine très intelligente future professeure d’anglais, mais moins acharnée sur les études.
Elle, c’était déjà son footing tous les matins pour soigner son apparence,
puis sa passion pour l’astrologie.

Superstitieuse, dotée d’un sourire inoubliable mêlé à un délice d’innocence, une simplicité presque candide, avec une gourmandise préludant à la sensualité amoureuse. Deux joues bien roses, deux fossettes à vous rendre jaloux comme si les dieux avaient tiré deux traits en calligraphie pour souligner son bonheur, une bouche enfantine charnue comme une cerise, avec une rangée de dents aussi blanches qu’un collier de perles.
Une jeune femme ravissante.

Vers 23 heures, quand la mer s’était calmée, une petite lumière s’allumait dans le souterrain, c’était le signal. Catherine était belle, avec sa petite robe sexy ses reflets rayonnants et soyeux. Aussi belle qu’une muse de l’ancien temps.

A un endroit précis, il y avait un vieux vitrail qui n’était là que pour marquer la moitié du chemin, un chiffre 1875, eh….oui ce n’était pas d’hier.

Sûrement que si ce souterrain pouvait parler, il en aurait des choses à dire.

C’est à cet endroit qu’avait eu lieu le premier baiser, c’est là que les arabesques du cœur commençaient à se mouvoir. C’est ici que les sentiments jouaient au trapèze, nos deux oiseaux s’admiraient. Catherine souriait silencieusement en plissant les paupières, Florent plus enflammé, dans un certain empressement  lui parlait avec certitude
« oui mes parents sont partis chez des amis à plus de 20 kilomètres ils resteront assez longtemps » Voilà notre Catherine rassurée .

Le premier cadeau c’était un petit flacon de parfum en verre artistement ciselé

« Catherine, voici un simple présent que vous n’oublierez jamais,
il possède des vertus secrètes et puissantes.
C’est de l’eau d’Amazonie qui vous laisse sur la peau une fraîche sensation musquée ».
Elle devenait confuse, même un peu gênée de ne rien avoir apporté à part son joli minois.
Elle venait d’acheter un sautoir en métal composé de perles de verre,
de pompons de velours rouges, et un médaillon de fleurs et de strass qui le séduisait.

Soudain, une idée lui trottait dans la tête, elle lui sauta au cou et avec une force démesurée elle embrassa Florent avec sensualité, l’étreinte dura très longtemps

Florent venait de comprendre qu’il était temps de rentrer chez ses parents, car le lieu n’était pas adéquat aux ébats amoureux. C’était une joie, c’était l’affolement de bonheur dans leur cœur, c’était le début d’une cascade de désir.

« Catherine je vous adore, vous me manquez chaque jour, pourquoi ne pas vivre notre amour en plein jour, » Catherine répondit, « Florent soyez patient, le jour viendra. Pour l’instant profitons de la pénombre de l’antichambre de vos parents, c’est un luxe ».

Une méridienne de bois vernis avec un jeté de lit en lin leur tendait les bras
Le corps de cette jolie femme commençait à se dénuder, son corps au longues jambes bien faites, ses hanches étroites, sa nudité d’une blancheur laiteuse
Avec des seins hauts, très fermes, un dos cambré qu’une chevelure d’ébène recouvrait dans un fabuleux décor de lumière tamisée.

Le roucoulement humain devenait murmure passionné, passionnant et puis doucement tout se mit au diapason, convenablement, avec l’apaisement des exigences amoureuses des deux oiseaux. Vingt-cinq ans ont passé, Catherine et Florent sont toujours ensemble.
Ils ont acheté la maison des parents de Florent , en souvenir de ces rendez-vous amoureux.
 


© Auteur Celan : le 10.11.2005