Le Rendez-vous sur une plage de l’Atlantique ...

Elle souriait, entourée de l’ondulation serpentine
De sa magnifique chevelure vivante
J’était subjugué par sa sensualité
Véritable allégresse permanente

Elle me disait:
« je t’attendrai vers cinq heures à la plage des goélands »

J’étais heureux de regarder ses yeux verts
Comme des émeraudes, elle arrivait doucement
Infiniment gracieuse, attirante sous une veste d’été
En lin beige, brodée, fendue sur les côtés
Ses épaules étaient bronzées, elle portait parfois un turban

Comme dans les années soixante.
Elle répétait souvent :
« ce qui compte, c’est que nous nous aimions toujours qu’importe le reste ».

Sonia secouait la tête vers le sol ses cheveux foisonnaient
Et d’un coup sec toute sa crinière retombait sur son dos bronzé
Que j’aimais caresser.
Je n’avais jamais éprouvé de sensations aussi fortes
La seule part de moi qui restait libre, c’était déjà pour elle

L’océan était pâle et écumeux ce jour-là, notre rendez-vous
Prometteur.
Même quand elle riait à gorge déployée
Les goélands ne bougeaient pas
J’adorais son éternelle féminité
Sur ses pommettes une flamme de contentement
Éclairait notre bout du monde

Nos âmes s’étaient passionnées sans la moindre trahison
Quand son jupon se soulevait les rideaux du bonheur s’ouvraient .

© Auteur Celan : le 01.06.2006