Trany et son jardin ...

Elle était prof d’anglais à Henri IV
Fille d’un professeur d’italien napolitain
Sa mère vietnamienne, ancienne

Ramasseuse de latex.
Trany vivait à Paris
En plein cœur de la cité
Sur une terrasse à ciel ouvert
Elle appelait cela une oasis végétale.

A cette époque j’étais étudiant
Avec mes bonnes racines campagnardes
Et fier de ces dernières, je me retrouvai
Avec mon amie à une soirée très parisienne
Pour la fin des cours, vers le 15 juin

Et là nous avons découvert des plantes vertes
De toutes sortes, des fleurs magnifiques
Arrosées avec une certaine délicatesse, une
Invraisemblable dextérité, c’était un petit paradis de verdure

Une dizaine d’arbustes qui préservent notre oxygène
Aux essences citadines qui atténuent la pollution
Et nous offrent leur verdure, chaque arbre a ses vertus

Nous étions assis sur des fauteuils en rotin
Autour d’une petite pièce d’eau qui n’en finissait pas de chanter
Avec le calme de l’interprétation de Carla Bruni
Dans Raphaël quatre consonnes et trois voyelles

Une seule des ses paroles réveillait les échos
Elle nous confiait tous ses secrets
Nous appelions cela une bouffée d’oxygène remplie de confidences

De là, nous voyions la tour Eiffel s’illuminer
Resplendir sous les projecteurs, dans la pénombre de la nuit
Elle nous parlait de la baie d’Along, du soleil se couchant
Sur ces reliefs inattendus, d’une beauté à vous couper le souffle

La baie est la plus vaste « un véritable phénomène karstique , au monde »
Ou le dragon descend dans la mer …

Elle nous racontait l’histoire des rizières en étages,
Où les hommes et les femmes travaillent, sans relâche
Harassés mais toujours avec le sourire aux lèvres
Heureux d’entretenir ces terres qui parfois ont des siècles
Preuve d’un travail exemplaire.

Elle adorait la nature et ses bienfaits
Même les jardins parisiens suspendus
Placés cette année sous le signe de l’arbre
Arbre de vie, dont la longévité dépasse celle de l’homme
Arbre bienfaiteur pour l’ombrage qu’il procure
Arbre à liège au parfum, aux fruits et aux fleurs

Ils font partie intimement de notre paysage même en plein cœur de Paris.
 

© Auteur Celan : le 03.10.2005