Textes de Dédé

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Matin  !

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Un matin, un matin comme tant d’autres, un de ces matins que l’on ne voit pourtant qu’avec les yeux du cœur.

Ces matins où tout est si beau que l’on se dit que Dieu existe vraiment, et qu’on se laisse prendre à lui dire merci pour toute cette beauté qui nous entoure.

Ce matin là, je marchais sur le bord de l’eau, la rivière chantait, le vent de sa douce musique l’accompagnait. Un oiseau qui sans doute connaissait la mélodie la reprenait en cœur.

Le soleil levant mettait de l’or sur les petits nuages blanc qui flottaient dans le bleu du ciel. Ce soleil qui semblait jeter un regard langoureux à son amie la lune, comme pour lui dire: « Regarde comme je me suis fait beau ce matin pour toi, mon amour ».

Là-bas au détour de la rivière, de sa grande chaloupe bleue, un pêcheur lançait sa ligne, rêvant que c’était sans doute aujourd'hui qu’il attraperait le plus gros achigan de toute sa vie.
Rêve de pêcheur?
Plus loin un huard, se moquait de lui plongeant et replongeant comme pour lui dire: c’est ici qu’il est ton achigan.

Je sortis du sentier pour prendre le chemin qui mène au village. L’air sentait bon l’été , des enfants jouaient à l’entrée du village. On entendait leurs rires joyeux jusqu’au bout du chemin. Plus loin, un chien jappait, sans doute pour souhaiter la bienvenue à un étranger qui passait par là.

Au détour du chemin ,derrière une barrière en perche, M. Duval, l’air songeur, écoutait pousser ses légumes: des fèves grosses comme le pouce, des concombres gros comme le poignet, des tomates de une à deux livres et sans doute les meilleurs du compté. Un secret venant de sont père, nous disait-il.

Un peu plus loin, Mme Duval agenouillée parmi les cosmos, les anémones et les rosiers, arrachait la mauvaise herbe en chantant une berceuse d’une voix remplie de tendresse et d’amour. Une berceuse que sa mère lui chantait, disait-elle.

Deux maisons plus loin , Jean était assis à l’ombre sur sa galerie. On disait de lui qu’il avait un handicap, il écossait un morceau de bois. P'tit Jean, disait-on, 6 pieds 3 pouces, 260 livres, doux comme un agneau et bon comme la vie. Toujours prêt à rendre service, Jean prenait soin de sa vieille mère, il lui devait bien ça qu’il disait, car c’était grâce à elle qu'il était devenu un homme.

J'ai toujours cru que son handicap était son cœur, un cœur beaucoup trop grand .

Je saluais Jean de la main, j’étais heureux. Une odeur de foin et de rose flottait dans l’air, la chaleur du soleil sur mon visage, le rire des enfants, le chant des oiseaux , les draps blancs sur les cordes à linge qui flottaient au vent comme de petits nuages. Je me suis mis à penser au pêcheur et à son achigan.
Je sifflais une chanson de Joe Dassin.

C'était un matin , un matin comme tant d’autres, un de ces matins que l’on ne voit pourtant qu’avec les yeux du cœur.

Ces matins où tout est si beau que l’on se dit que Dieu existe vraiment et qu’on se laisse prendre à lui dire merci pour toute cette beauté qui nous entoure.

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André Desfossés




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